Mali au fil du Niger | |
réveil dans les dunes mardi 17 févrierun comité d'accueil nous surprend au reveil, comme par enchantement dans ce désert, des nomades nous rendent visite et s'approchent prudemment des tentes. Curiosité, envie, quête, les raisons nous restent inconnues, mais la symphonie de couleurs qu'ils nous offrent est un ravissement pour la photographe que je suis. le désert est donc un monde d'une richesse insoupçonnée à qui sait regarder pour dénicher d'autres regards derrière l'immensité vide.
Le soleil s'élève à l'horizon et dessine des arabesques avec les crètes des dunes. ce matin après un petit déjeuner copieux, nous nous engageons à travers les dunes pour poursuivre un petit fennec des sables au plus grand bonheur de Justine. Hélas il est plus rapide que nous et il nous laisse derrière lui bien vite
Très rapidement notre première étape nous mènera à Tenefa pour une visite et pour le ravitaillement en eau et nourriture. Même accueil qu'à Bourem les enfants nous escortent, les adultes nous regardent, curieux et interrogatifs, mais toujours avec de grands sourires. Déjà la chaleur matinale est étouffante, et vêtus de nos cheichs ou de nos foulards nous arpentons les rues poussièreuses de la ville. Le bord du fleuve est très animé, des pirogues sont acostées sur la rives, des enfants jouent dans
l'eau douteuse du Niger.
Le spectacle des couleurs des vêtements ferait oublier la pauvreté. Paradoxe étrange de voir réunis des morceaux de tissus aussi divers , parer les femmes et les enfants de costumes multicolores . Les hommes sont plus simplement vêtus de grandes tuniques ou encore pour les plus jeunes à la mode européenne, un peu passée
Nous poursuivons notre périple à travers les dunes basses, d'autres villages sont des occasions de pauses sympathiques. Construites en banco , les maisons s'alignent le long d'une allée centrale et de plus petites ruelles adjacentes. Pas vraiment de centre du village ; le plus souvent c'est le bord du fleuve qui constitue le lieu animé. D'étranges filets tendus entre des piquets de bois protègent quelques plantations, peut être des chèvres. La chaleur et la poussière du sable forment des nuages derrière le passage des voitures. Nos chauffeurs sillonnent ce désert comme nous les routes nationales françaises, sans repère si ce n'est celui, invisible, d'avoir toujours vécu au milieu de ces dunes . Dans la campagne les maisons sont encore plus rudimentaires, en forme de huttes elles sont recouvertes de feuilles de palme, de tissus ou de nattes. Habitat précaire qui ne résiste guère aux intempéries de la saison des pluies.
Misérables huttes, éphémères protections contre les assauts du climat et du temps, pourtant tellement de beauté dans cette scène contrastée. Plus loin Une végétation rase et malingre se bat contre les assauts du désert, à l'abri de quelques dunes et tente de survivre. Le ciel s'obscurcit, comme si un orage s'annonçait, mais ce n'est pas la saison des pluies, les dunes prennent davantage de relief. Notre route nous mène à travers le pays Touareg, ce peuple de Nomades, fiers, vivant d'élevage dans le désert, et toujours en marche pour permettre aux troupeaux de se nourir.
Lentement le soleil descend sur l'horizon, la chaleur se fait moins opressante, et nous cherchons le lieu de bivouac idéal : au bord du fleuve, au loin seulement quelques hénissements d'ânes, nous indiquent que le territoire est habité.
Le soir étend sa douce lumière sur les méandres du Niger.
Se découpent alors à l'horizon les squelettes dénudés des arbres, plus près de nous l'ombre des pirogues s'allonge sur le fleuve devenu rose. La nuit sera calme, avec comme unique compagnie les ânes très bavards.
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