l'entrée en pays Dogon
 L’entrée en pays Dogon Comme une oasis sortie du désert, le Pays Dogon offre une multitude d’arbres et de silhouettes gigantesques. Des baobabs surveillent jalousement ce pays sorti tout droit de l’histoire.
C’est à une lente découverte de la falaise que cette randonnée à pied nous invite. Falaise hérissée de villages sillonnés par des sentiers qui quittent la plaine sahélienne pour s’élever le long de la falaise, parmi les greniers des hommes et ceux des femmes, lieux dépositaires des trésors de chacun.
Sous un soleil ardent, dans une poussière jaune, la vie s’écoule sur les rives de cette piste tortueuse qui nous conduit de villages en villages, au fil des puits qui nous rafraîchissent faute de nous désaltérer. Magnifique vilage, dont le campement est une oasis d’accueil. Nous escaladons la falaise jusqu’aux maisons et greniers à blé accrochés dans les aspérités de la pierre. Des enfants nous proposent des objets d’artisanat local. Un guide local nous conduit à travers les ruelles escarpées du village, de là haut, c’est toute la plaine, parsemée de boababs que l’on peut apercevoir dans la brume de chaleur. Les échanges avec le guide sont pauvres, celui ci ne parlant pas français, mais il nous laisse découvrir à souhait cet extraordinaire lieu, encore préservé des dévastations touristiques. Un repas très soigné nous attend à notre descente, dans le campement, sous un abri de toile. A 13 heures sous une chaleur encore plus  accablante, nous chargeons la charrette de tout le matériel et vivres de base pour l’excursion. Le guide y attelle un zébu et nous voilà en route pour une longue progression le long de la falaise. Le spectacle est grandiose. Nous croisons une multitude de gens tous très affairés et les enfants sortis de l’école nous escortent dans l’espoir secret d’obtenir quelques cadeaux. L’allure est très lente en raison de la chaleur. Après 2 h 30 de marche nous voilà rendus à ENDE.
Village de commerce et de troc. Pause détente mais aussi pause affaire. le village s’est paré de tapis «Bogolan» teints et peints avec des extraits et pigments de terre colorée. Tous les habitants deviennent des artistes qui reproduisent sur des tissus de lin ou de coton blanc, des motifs , en général géométriques, en bandes, cousues ensuite entre elles pour confectionner de très beaux tissus.
A Ende vit le Hogon , dieu à l’image de l’homme. il est le trait d’union entre les créatures visibles et invisibles. le Hogon vit à l’écart du village, dans la falaise. Le Hogon est le roi, le chef, le maître absolu. Il est le représentant le plus fascinant de la culture Dogon et malgré la modernité, cette tradition se perpétue La longue et pénible marche qui s’en suit témoigne de notre manque d’habitude de parcourir sous ces latitudes des heures de marche sous un soleil de plomb. Ce soir tout nous fait regretter d’avoir fait confiance à ce guide, qui nous prévoyait une marche de 2 heures. C’est en fait 16 Km soit 4h 30 de marche dans le sable qui glisse sous nos pieds et la chaleur envoûtante que nous avons eus à parcourir aujourd’hui. Les derniers Kilomètres sont de trop, nous sommes dans un état de lassitude qui ne nous permet plus de jouir du paysage alentour.
Le soir tombe, et la nuit pose son voile sombre lorsque nous commençons la dernière remontée dans une faille pour rejoindre le haut de la falaise, où nous ferons étape. Quelques odeurs et bruits nous parviennent, indiquant la proximité d’une source et d’un endroit agréable. Mais tout est noyé dans l’obscurité, si bien que l’on ne peut que se laisser aller À l’imagination d’un lieu paradisiaque.
La montée se termine enfin et nous sommes accueillis dans un campement, où nous pouvons retrouver de nombreux français, qui jugent notre parcours comme folie.  Au coucher du soleil, la falaise prend des couleurs rosées, les baobabs étendent leur ombre tout au long de la piste. Les enfants qui ont quitté l’école nous poursuivent en riant, pieds nus, sur la piste brûlante. Le soleil descend lentement et sa chute anime la plaine. Des charettes tirées par des ânes ou des zébus se croisent et se saluent, transportant femmes et marchandises de villages en villages. A Benamittou le sentier quitte définitivement la plaine pour gravir la falaise, dans une faille abrupte.
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