Mali au fil du Niger

tombouctou ville des sables

05:56, 16/03/2007 .. Publié dans voyage au gré des transports locaux .. 0 commentaires .. Lien

 

Tombouctou la mystique

 

A notre plus grande surprise nous pouvons entrer dans la grande Mosquée, à

 

condition d’être couvertes         .

 

Un défilé de salles dont le plafond est soutenu par des piliers en bois, se
succède ; des tapis de joncs tressés recouvrent le sol de terre battue, les
murs sont recouverts d’un enduit de terre et de chaux. Dans un dénuement total,
les fervents vien- nent prier plusieurs fois par jour.
La cour intérieure est abritée du soleil par quelques nattes tendues, des amphores
pleines d’eau permettent aux fidèles de faire leurs ablutions.
Nous terminons notre visite, pour nous rendre au restaurant. Nous dégusterons
pour la première fois un repas typique
le « Toukasson », semoule cuite à la vapeur avec une sauce aux 12 condiments,
suffisam- ment relevée mais sans trop le tout arrosé de coca frais.


L’installation rapide à l’hôtel « Bouctou » de la ville nous donne l’occasion de
séjourner dans une suite avec salle de bain privée. Quel privilège, il aura fallu
attendre le Mali pour connaître ce « luxe »
Notre errance dans la ville nous conduit près de différentes habitations et monuments,
par exemple la maison de René Caillet , voyageur infatigable, déguisé en pèlerin arabe
qui découvre la ville en 1828, encore sujet de recherche et cité mystérieuse

 

Enfin sur une grande place nous parvenons au marché. Riche en couleurs, en odeurs , il reflète toute l’Afrique noire, et l’Afrique sub saharienne . C’est le lieu de rencontre et d’échange privilégié entre des peuples venus du sud et les caravanes du Nord, pour vendre ou échanger le sel, des denrées alimentaires, ou de première nécessité.
Festival de couleurs, les femmes offrent leur beauté à nos regards,
habitués aux vêtements gris des pays européens


     

 

 

Notre vagabondage ne nous dévoilera qu’une infime partie des mystères de la ville.
En fin d’après-midi nous embarquerons pour de nouvelles aventures, une petite échappée à dos de chameaux dans les avancées
du désert.
La petite méharée, conduite par des hommes en bleu, s’avance lentement à travers les dunes de sable.

La lumière décline à l’horizon et teinte de rose cette immensité qui s’étend sous

nos yeux à demi fermés.

                       

Une pause thé à l’instant où le soleil disparaît derrière les dunes
est une véritable invitation à la contemplation. Autour d’un
minuscule feu de broussaille le thé chauffe dans une petite
théière aux couleurs indigo des TOUAREGS.


Des instants magiques, de
paix et de respect mutuel : l’occasion d’échange
sur le festival touareg ou sur le Paris –Dakkar mais aussi de positions politiques
sur la situation du peuple Touareg.

                    

 

A la tombée de la nuit , une fois la cérémonie du thé
accomplie, nous prenons la piste du retour, tout aussi
lentement.
La pénombre cache les détails de l’environnement et rend plus mystérieuses
les formes qui nous entourent.
Nous, peuple immergé dans la lumière continuelle, perdons nos repères
lorsque l’obscurité nous entoure.
Un repas chaleureux nous attend au restaurant dont la terrasse
surplombe les jardins frais de la ville
La nuit sera calme et reposante à l’hôtel Bouctou.
Le petit déjeuner du lendemain matin nous offrira la surprise de
ces jardins délicieux et objets de tant de soins.
Les jardins de Tombouctou, des oasis de verdure au milieu de la
poussière et de la sécheresse du désert.

 

                 

Le peuple Touareg :
Ils « sont les derniers nomades de la terre, toujours prêts à lever le camp pour aller plus loin, ailleurs, là où tombe la pluie,
là où les appelle une nécessité millénaire et impérieuse. Ils sont nés au vent, au ciel, à la sécheresse, leur temps n’est plus
réel (...), leur espace n’a pas de limite, ils logent dans leurs yeux, dans leur volonté d’aller au gré de leurs routes.
Leur regard a développé une acuité qui leur permet de discerner le moindre changement de pierre ou de sable et de découvrir la diversité
et la beauté, là où les autres hommes ne ressentaient que de l’ennui ou de la crainte.
Les gens des nuages : des hommes et des femmes qui vivent leur liberté jusqu’à la perfection»
(J.M. Le Clezio : les gens des nuages °




immersion dans la ville de Gao

04:58, 16/03/2007 .. Publié dans voyage au gré des transports locaux .. 1 commentaires .. Lien

 

Lundi 23 février

 

Gao perle du désert, ancienne capitale de l’Empire Sonhrai ,

elle est aussi un lieu de pèlerinage pour les Islamologues.

Nos compagnons de voyage sont repartis cette nuit pour

l’hiver, avec beaucoup de retard, comme il se doit en Afrique, nous

laissant derrière eux, à la fois envieux mais aussi contents de retrouver

 

une forme de confort occidental.

 

Nous décidons de séjourner une journée de plus dans cet Hôtel (Tilafanson) pour organiser notre départ pour Sévaré et surtout notre

excursion dans le Pays Dogon. François est nommé négociateur en chef et par le biais de notre guide sur la Pinasse, entre en contact

avec un guide qui organisera notre séjour, avec une voiture, une charrette pour les bagages, des hébergements sur place, le tout à

partir de Sevaré.

 

Pendant ces palabres, nous décidons une visite dans la ville par nos propres

moyens. Immersion totale dans l’Afrique profonde, chaleur,

poussière, du monde partout, et les regards fixés sur nous, comme

nous les fixons d’ailleurs sur les personnes que nous croisons. Coca trottoir,

glacé, un véritable délice pour surmonter les conditions climatiques.

Retour à l’hôtel, dans un jardin paradisiaque, où tout se négocie, tout se

discute, même les repas.

Nous sommes alors confrontés à une autre dimension de l’Afrique

: celle du temps. le temps ne démarre qu’au moment où l’action

débute, donc lorsque nous commandons le repas, les Africains

commencent à cuisiner, ce qui n’est pas sans causer quelques soucis aux

habitués de l’horloge que nous sommes, mais nous le comprendrons que trop

tardivement.

Journée de repos, le temps de faire réparer la montre de louise par un forgeron, de laver quelques vêtements et de se reposer, notamment

pour ceux dont les gastro-entérites font des ravages.

 

                             

Repas du soir aussi à l’hôtel et derniers préparatifs pour démarrer demain à l’aurore.




voyage à travers le mali en bus 24 février

04:57, 16/03/2007 .. Publié dans voyage au gré des transports locaux .. 0 commentaires .. Lien

 

Mardi 24 février

 

Le voyage sera digne des épopées. Le bus, année 1960 en France, a remplacé les chameaux ou les ânes de la caravane, mais les conditions de voyage sont tout aussi pittoresques.

 

Arrivés à la station de bus à 5 heures du matin, grâce à 2 voyages effectués par le propriétaire de l’hôtel, nous débarquons dans un hangar, équipé d’une télévision qui distille des nouvelles européennes. Il fait - 5 ° en France. Assis en rang sur des bancs parmi des gens qui dorment à terre, d’autres qui mangent, ou qui errent, nous attendons dans la nuit noire que le bus soit chargé.

 

Après les chèvres, les frigos, les malles et les caisses diverses, c’est au tour des passagers de s’embarquer en respectant la liste d’appel que fait  consciencieusement le chauffeur. Comme des écoliers nous répondons à notre nom et nous installons au fond du bus. Il n’est pas plein, chacun peut donc prendre ses aises.

 Départ à 6 heures, rien à dire, nous som mes en Afrique. (prévu à 5 h). 

                            

 Différents arrêts jalonnent la piste, certains descendent,

beaucoup montent ce qui rend de plus en plus pénible le voyage.

Entre les recommandations d’un homme de Bamako, sur la prudence à observer pour négocier ou manger certains produits, et les conseils touristiques,

le parcours est entrecoupé de vomissements, de bousculades,

des pleurs d’enfants, ou de coups d’épaule pour gagner quelques

centimètres sur un banc.

 

Dans une grande confusion, défile le paysage grandiose du Sahel :

les monts Hombori, la main de Fatma qui surgissent brusquement des

lignes horizontales et rapprochées des dunes de sable. Malheureusement,

nous n’apercevrons pas d’élé- phant lors de notre traversée de

la réserve du Gourma.

Ce bus s’avère assez confortable avec une

climatisation automatique (trous dans les fenêtres).

A Douenza, après un traditionnel contrôle de police,

les passagers descendent pour se rassasier, nous éviterons les glaces locales, préférant les sardines et «vache qui rit» traditionnelles. . Le paysage et les maisons ont changé, la poussière est rouge.

Enfin au terme de 7 heures de voyage, nous parvenons à Sevaré notre nouvelle étape.

Un taxi nous conduit au refuge de Max, connu des amis. Une surprise nous y attend : une piscine qui viendra soulager les souffrances dues à la chaleur. Le campement est confortable, et le maître des lieux, un américain, joue un peu le

colonialiste.

La chaleur s’est faite insistante et dépasse les 41 ° à l’ombre, nous sombrons donc, dans des fauteuils près de la piscine et sur la terrasse, devant des cocas glacés.

 

Mercredi 25 février

                           


Nous quittons Sevaré avec notre nouveau guide africain présenté par ATTAYEB (guide de la pinasse), accompagnés de Moussa le chauffeur
d’une 505 breack , direction Bandhiagara. La route est asphaltée jusque là, puis une piste serpente au milieu de boababs squelettiques (c’est la saison sèche), et des jardins verdoyants, arrosés grâce à des grandes callebasses
remplies dans la nappe d’eau. Ces plantations d’oignons
et de salades représentent un spectacle botanique insolite
au milieu de cette immensité aride., tout comme à
Tombouctou, dans les dunes.
une fraîcheur nous saisit soudain à la vue de tant de verdure.

 la piste cimentée descend la falaise pour nous faire
découvrir des villages au nom extraordinaire de Djiguibongo - Kani-Kombolé, pour arriver à Telli, le terme de notre  voyage en auto.

 




l'entrée en pays Dogon

04:52, 16/03/2007 .. Publié dans voyage au gré des transports locaux .. 0 commentaires .. Lien

 

 

 

 

                      

 

L’entrée en pays Dogon

 

Comme une oasis sortie du désert, le Pays Dogon offre une multitude
d’arbres et de silhouettes gigantesques. Des baobabs surveillent
jalousement ce pays sorti tout droit de l’histoire.

C’est à une lente découverte de la falaise que cette randonnée à pied
nous invite. Falaise hérissée de villages sillonnés par des sentiers
qui quittent la plaine sahélienne pour s’élever le long de la
falaise, parmi les greniers des hommes et ceux des femmes, lieux dépositaires


des trésors de chacun.

 

Sous un soleil ardent, dans une poussière jaune, la vie s’écoule sur
les rives de cette piste tortueuse qui nous conduit de villages en
villages, au fil des puits qui nous rafraîchissent faute de nous désaltérer.

 

Magnifique vilage, dont le campement est une oasis d’accueil.
Nous escaladons la falaise jusqu’aux maisons et greniers à
blé accrochés dans les aspérités de la pierre. Des enfants nous
proposent des objets d’artisanat local.
Un guide local nous conduit à travers les ruelles escarpées du
village, de là haut, c’est toute la plaine, parsemée de boababs
que l’on peut apercevoir dans la brume de chaleur. Les échanges
avec le guide sont pauvres, celui ci ne parlant pas français, mais il nous
laisse découvrir à souhait cet extraordinaire lieu, encore préservé des
dévastations touristiques.
Un repas très soigné nous attend à notre descente, dans le
campement, sous un abri de toile.

 

A 13 heures sous une chaleur encore plus           

                         


accablante, nous chargeons la charrette
de tout le matériel et vivres de base pour
l’excursion. Le guide y attelle un zébu et nous voilà en
route pour une longue progression le long de la falaise.
Le spectacle est grandiose.
Nous croisons une multitude de gens tous très affairés
et les enfants sortis de l’école nous escortent dans l’espoir
secret d’obtenir quelques cadeaux.
L’allure est très lente en raison de la chaleur. Après 2 h 30 de marche nous voilà

 

rendus à ENDE.

Village de commerce et de troc. Pause détente mais aussi pause affaire.

 

le village s’est paré de tapis «Bogolan» teints et peints
avec des extraits et pigments de terre colorée.
Tous les habitants deviennent des artistes qui reproduisent
sur des tissus de lin ou de coton blanc, des motifs , en
général géométriques, en bandes, cousues ensuite entre elles


pour confectionner de très beaux tissus.

A Ende vit le Hogon , dieu à l’image de l’homme. il
est le trait d’union entre les créatures visibles et
invisibles.
le Hogon vit à l’écart du village,
dans la falaise.

 Le Hogon est le roi, le chef, le maître absolu. Il est le représentant le
plus fascinant de la culture Dogon et malgré la modernité, cette tradition se perpétue

 

La longue et pénible marche qui s’en suit témoigne de notre manque d’habitude
de parcourir sous ces latitudes des heures de marche sous un soleil de plomb. Ce soir tout nous fait regretter d’avoir fait confiance à ce guide, qui nous prévoyait
une marche de 2 heures.

C’est en fait 16 Km soit 4h 30 de marche dans le sable qui glisse
sous nos pieds et la chaleur envoûtante que nous avons eus à parcourir aujourd’hui.
Les derniers Kilomètres sont de trop, nous sommes dans un état de lassitude qui ne nous permet plus
de jouir du paysage alentour.

Le soir tombe, et la nuit pose son voile sombre lorsque nous commençons la dernière
remontée dans une faille pour rejoindre le haut de la falaise, où nous ferons
étape.
Quelques odeurs et bruits nous parviennent, indiquant la proximité d’une source et
d’un endroit agréable. Mais tout est noyé dans l’obscurité, si bien que l’on ne peut que se laisser aller À l’imagination d’un lieu paradisiaque.

La montée se termine enfin et nous sommes
accueillis dans un campement, où nous
pouvons retrouver de nombreux français,
qui jugent notre parcours comme folie.

 

                  

Au coucher du soleil, la falaise prend des couleurs rosées, les baobabs étendent leur ombre tout au long de la piste. Les enfants

qui ont quitté l’école nous poursuivent en riant, pieds nus, sur la piste brûlante. Le soleil descend lentement et sa chute

anime la plaine. Des charettes tirées par des ânes ou des zébus se croisent et se saluent, transportant femmes et marchandises

de villages en villages.

A Benamittou le sentier quitte définitivement la plaine pour gravir la falaise, dans une faille abrupte.

 




sur la falaise du pays Dogon 26 février

04:51, 16/03/2007 .. Publié dans voyage au gré des transports locaux .. 0 commentaires .. Lien

 

Jeudi 26 février

 

            


Le lever du jour nous fait découvrir la majesté du site. Entre ciel et
terre, éblouis par des sculptures naturelles des falaises qui ont veillé
sur notre repos, en terrasse.
La voûte céleste nous a offert cette nuit toute sa splendeur et chacun s’est
endormi dans les bras des étoiles.

Le petit déjeuner aux galettes de riz et chocolat fondu prend une tout autre
allure au fond  de l’Afrique.

Toute une vie s’anime autour de nous, sur les terrasses, les enfants
triant les oignons, les hommes et les femmes dans leur activité
quotidiennes et domestiques. Les terrasses sont le lieu de travail
privilégié.

Au bas du ravin que nous avons franchi difficilement dans la
nuit, se dessinent des jardins verdoyants, aux formes géométriques bien
dessinées.     

                               

                                  

 

Un nouveau départ , accompagnés de quelques porteurs pour la deuxième partie
de cette expédition en pays Dogon. Dans la douceur matinale, dès 8 heures nous prenons le  chemin du plateau.

La marche est agréable, dans des paysages grandioses, faits de plateaux et
de canyons, où se succèdent villages, déserts, jardins, et
heureusement puits pour se rafraîchir.

 

 

 

.

 




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