embarquement sur la pinasse 19 février
Jeudi 19 février  Après une dernière visite au marché artisanal nos chauffeurs nous conduisent jusqu’au port. De mains de maîtres ils nous ont menés à travers le désert, attentifs à trouver les plus belles pistes, à éviter autant que faire se peut les trous et à nous offrir des scènes de photos inoubliables. Toujours respectueux de l’environnement comme des personnes ils ont toujours fait preuve de beaucoup de patience, d’à propos et de gentillesse. Rencontre fortuite avec des âmes fortes dans un pays d’errance et de nomadisme.
C’est avec un peu de tristesse au coeur que l’on sent venir le moment des séparations. Un dernier regard sur cette ville mythique, embarquement en 4X4 pour le port de Tombouctou : Korome  Le paysage change. Nous quittons les dunes de sable et le désert du Sahara, pour trouver de grands eucalyptus, des marais et des rizières le long du fleuve. Des pirogues de pêcheurs glissent entre les herbes verdoyantes Le port s’étale au bout de la route avec ses cases basses, sa poussière, et ses ruelles sales. L’eau du Niger est trouble, des odeurs fortes de poissons saturent l’air déjà très étouffant.
Sur le port une foule s’agite sur les rives, des femmeschargées de paniers tressés, sur la tête déambulent ; des enfants jouent dans l’eau et courent pieds nus parmi les détritus. Plus loin d’autres femmes vendent du poisson étalé dans des bassines en plastique coloré. Quelques marchands ambulants proposent des fruits ou des mets cuisinés, dans des plats en fer blanc. Escortés par quelques enfants nous montons à bord de notre pinasse de « luxe ». Un capitaine, deux écopeurs, un cuisinier, un aide cuisinier, un guide , seront nos hôtes durant ces trois jours de descente du Niger jusqu’à Gao.
La pinasse lentement se détache de la rive, abandonnant cette vie animée et rythmée par d’autrestemps que les nôtres. Sous nos yeux défilent lentement des villages et campements de nomades. La lente descente sur le fleuve nous laisse apprécier les paysages et les populations alentours. Le cours du fleuve doit parcourir ses 4200 km entre la Guinée où il prend sa source et son embouchure au Nigéria, après avoir abreuvé le Mali, le Niger, et le Benin. Dès les premiers instants du voyage c’est l’enchantement : les couleurs, la douceur de l’air et la quiétude des paysages, seul le moteur de la pinasse vient troubler cette béatitude. Des pinasses chargées de toute sorte de matériaux se laissent porter dans l’onde. Des pêcheurs jettent leur filet d’un geste élégant.
 Le désert s’est orné de grands eucalyptus, adoucissant ainsi l’âpreté du climat. Notre premier repas sera servi autour d’une table au centre de la pinasse, moment convivial mais nos guides refusent de se joindre à nous et préfèrent manger entre eux dans l’espace cuisine. Malgré la lenteur de notre déplacement, nous n’éprouvons pas de lassitude, le paysage change constamment et quelques hippopotames viennent nous distraire.. Des silhouettes se dessinent sur les berges, les habitants nous escortent de leur regard, certains nous saluent. Pour eux comme pour nous ces rencontres impromptues rompent le fil du temps. Des hameaux de terre et de chaume sont comme des îles abandonnées, ce sont les cases des Bozzos, qui y reviennent chaque saison. Au rythme des berges du fleuve le temps s’écoule. Le soir venu nous jetons l’ancre au pied de grandes dunes, au moment du coucher du soleil. Un village voisin nous offre l’hospitalité et nous sommes accueillis par des enfants aux sourires charmeurs. 
Dans une douceur infinie la lumière décline sur le fleuve, le ciel et le fleuve s’embrasent d’une lumière dorée, quelques pinasses continuent leur lente progression sur l’onde. Les enfants jouent et chantent autour du feu de camp.
au fil du niger 20 février
Vendredi 20 février Nous quittons les berges sous les yeux curieux des enfants venus guetter nos bidons. Rapidement nous faisons halte dans un village de pêcheurs pour y acheter du poisson pour le repas. 
Sur la rive le poisson est vidé et étalé au soleil pour être séché. Notre cuisinier fait son marché parmi les femmes qui vendent dans leur bassine un poisson encore ruisselant. Véritable marché flottant les prix se discutent vivement. L’occasion pour nous d’assister à de belles scènes colorées. Commerce très actif tout au long de ce parcours du plus grand fleuve africain. Quelques bancs de sables ralentissent notre progression au rythme africain des tortues. La lumière changeante donne différents reliefs aux dunes quelques pêcheurs traversent des rizières verdoyantes, scènes que l’on voudrait coucher sur une aquarelle. Les arbres épars allongent leur ombre sur le sable lumineux, une brise douce vient pacifier la chaleur étouffante du désert. Quelques tableaux de peintres impressionnistes se révèlent aux détours des méandres du fleuve. En fin d’après midi la visite du village de BAMBA, sera une nouvelle occasion pour découvrir la vie quotidienne dans des villages reculés de pêcheurs. Une fierté se lit sur les visages des enfants et des adultes qui nous font visiter l’école. . Les rives du fleuve sont parsemées de poissons séchés, plus loin dans le village c’est du tabac qui sèche sur des lits de branches. La lumière du soir donne à ce village une grande douceur et une quiétude. Les enfants nous accompagnent au bateau non sans demander encore une fois un bic ou un cadeau.
lente dérive vers Gao samedi 21 février
Samedi 21 février  Une nouvelle fois nous débuterons notre matinée devant ce fleuve aux couleurs changeantes. Notre première halte dans un autre village Bozzo nous mènera à la rencontre de fabricants de pirogues en bois. Outils indispensables de ces pêcheurs à l’épervier. Dès notre départ nous abordons une autre pirogue, chargée d’hommes et de femmes assis sur un chargement impressionnant de marchandises, au point de voir la lignede flottaison disparaître au ras de l’eau. Notre confort est enviable. Les conditions de navigation de ces deux pinasses sont le reflet des conditions de vie de deux peuples, triste constatation. La poursuite de notre descente offrira de nouveaux paysages, des défilés de roches basaltiques qui se détachent sur le sable doré.. 
Petit village Bozzo , le pays des « maîtres de l’eau » vivant au rythme indolent et d’inertie de l’Afrique . Dans ce continent où tout nous parait si étrange, où cette chaleur nous accable, où le soleil veut nous assassiner, quelques indices nous rassurent sur notre propre tolérance à ce climat si rude.
Les bords du Niger entre Bourem et Gao  La journée se poursuit, la pirogue portée par le courant se rapproche de Gao notre destination. Au-delà une autre aventure nous attend, mais c’est objet de la deuxième semaine de ce périple africain. De longs moments de silence sur le bateau traduisent la sérénité du moment. En fin d’après midi dernière étape de la journée à Bourem pour  l’achat du mouton et des ingrédients nécessaires au Méchoui que nous dégusterons à la belle étoile ce soir. Tout autour de nous la nuit a posé son voile épais et des odeurs de bois brûlé, la vie semble s’arrêter de respirer, pour écouter le silence. Au loin le Niger dessine des courbes dorées sous la lune naissante.  Puis des villages voisins, quelques cris d’enfants nous parviennent, les ânes nous signalent aussi leur présence. Le campement s’installe et se rapproche du feu qui a cuit doucement le méchoui. Des ombres dansent autour des flammes, sagement assis nous attendons de déguster le mouton.
accostage à Gao dimanche22 février
Dimanche 22 février  Pour cette dernière journée en pinasse nous accompagnerons les eaux du Niger vers la mer. Prises elles aussi dans la lenteur du temps, elles sinuent dans les méandres du fleuve, embrassant chaque petit village pour lesquels elles sont sources de vie. Ce monde si étranger pour nous il y a quelques semaines, se laisse apprivoiser peu à peu pour nous offrir un peu de ses secrets.  .
 Un vent de sable se lève sur la dune rose modelant ses crêtes avec art. Nouvelle escale pour tenter une escalade mémorable sous le soleil et le vent de sable qui s’unissent contre nous. Quelques pêcheurs nous font admirer leur pêche miraculeuse avec des poissons très colorés qui changent de couleurs à l’air. Une montée redoutable, sous une température de 40°, en plein midi, de quoi y rester, insouciance ou folie que cette ascension ? Le sable brûlant glisse sous nos pas nous demandant de dédoubler nos efforts pour parvenir au sommet de ces 100 m d’altitude. Mais quelle récompense de voir le cours du Niger sinuer au milieu du désert. S’en suit une longue descente de la crête sous le vent , rendant difficile toute tentative photographique, mais s’ouvrant sur des perspectives inoubliables. . Derrière moi, un désert aride s’étend à perte de vue, devant c’est la vie avec les cultures d’un vert tendre se lovant dans les courbes du fleuve.  Au loin on peut distinguer dans la poussière et la brume de chaleur l’esquisse d’une grande ville : Gao. En début d’après midi nous accostons au port de la ville, nous allons quitter le territoire frais et lumineux du fleuve dans lequel on lave son corps, son âme, et son linge, voire sa vaisselle. Croisement de regards, échange de sourires sur ce port multicolore dont la beauté ferait oublier la misère.  N otre première halte à Gao nous conduit directement à l’hôtel, installation à mi chemin entre le campement et le camping en dur. Les chambres sommaires avec des lits traditionnels assez confortables. Les chambres se répartissent autour d’une cour carrée avec quelques arbres. Les douches et WC sont dans la cour , peuplés de blattes et divers bestioles peu engageantes. Une autre petite cour arborée de différentes essences, véritable oasis de verdure et de fleurs rares, accueille des tables et une terrasse où nous pouvons nous prélasser avant de repartir à l’aventure dans la ville.  Notre visite se poursuit vers la mosquée des Askia, le soleil est accablant, plus aucune brise fluviale pour atténuer la chaleur de cet après midi, près de 40 ° à l’ombre, nous ne nous posons pas la question au soleil.
 Escapade jusqu’au marché aux tissus, aux épices et autres condiments, aux artisans, et enfin au poissons. Véritable marché de couleurs, non seulement les tissus chatoyants déclinent les couleurs de l’arc en ciel mais c’est tout un festival de couleurs que l’on peut découvrir dans les petits fourneaux en tôle peinte, les bassines en plastique, les théières et autres ustensiles domestiques. C’est aussi le marché de la récupération et un véritable salon pour les bricoleurs.  Quelques scènes de marché Lieu d’échange, de troc, Mais aussi d’études ethnographiques et anthropologiques sur l’Afrique
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